La crise sanitaire Covid-19 a eu raison du calendrier de la nouvelle monnaie ouest-africaine (Eco).

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La crise sanitaire Covid-19 a eu raison du calendrier de la nouvelle monnaie ouest-africaine (Eco).

En effet, la nouvelle monnaie devait être lancée en 2020 mais la crise sanitaire freine la sortie de cette monnaie dont on parle depuis 30 ans. En 2019, l'annonce de l'implantation de la nouvelle devise dès l'année 2020 semblait irréaliste: il fallait en quelques mois créer une banque centrale, décider du régime de change, fabriquer pièces et billets, adapter les systèmes informatiques et les administrations... Le changement pas très accepté par tous les huit pays du l'UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine) fut une confusion et une crise interne les membres de CEDEAO, le Nigeria et les pays anglophones de la zone. Comme résultat, lors du dernier sommet de la Cédéao à Niamey début septembre, le président nigérien Mahamadou Issoufou a exhorté ses homologues "à élaborer une nouvelle feuille de route tout en maintenant une approche graduelle pour le lancement de la monnaie commune". Yao Prao, professeur d'économie à l'université de Bouaké croit face au doute de savoir si une telle affirmation annule la sortie de l'Eco: "Non, ce n'est pas un enterrement, c'est un report" selon qui le président ivoirien Alassane Ouattara a évoqué un délai de cinq années supplémentaires. "C'est une question de volonté politique. Cinq années suffisent pour y arriver", estime-t-il, malgré les "discordances" entre les pays, exprimées notamment par le Nigeria, poids lourd des 15 pays de la Cédéao, avec 180 millions d'habitants sur 300, et 60% du PIB de la zone. Le Nigeria exige, pour s'engager dans une véritable union monétaire, que les pays de la zone FCFA rompent totalement leurs liens avec la France, donc aillent au-delà de la "réforme" annoncée. Les pays de la zone franc quant à eux redoutent eux de tomber dans l'instabilité monétaire que connaissent leurs voisins de la Zone monétaire d'Afrique de l'ouest (ZMAO), qui ont chacun leur monnaie. "C'est une bonne chose pour les pays ouest-africains d'avoir une monnaie unique, cependant il faut avoir un débat sur les critères de convergence (inflation, dette, déficit public) : ne cherchons pas à mimer l'Europe ; la mise en place d'une monnaie unique ne doit pas conduire à une politique d'austérité au détriment de la croissance et de l'emploi", analyse Yao Prao. Pour l'économiste et ancien ministre ivoirien Daniel Anikpo, l'Eco "ne va pas se faire", car "il n'y a pas la volonté politique". "Lorsque j'étais ministre en 2000, on parlait déjà d'un délai de cinq ans", témoigne ce partisan d'une monnaie commune souveraine ouest-africaine. "Nous ne pouvons pas attendre pendant mille ans que soient réglées les incompatibilités des uns et des autres!" De toute façon la crise économique générée par l'épidémie de coronavirus, avec une chute de la croissance en Afrique de l'Ouest, a mis à mal le respect de ces critères de convergence.

Publié par Alice-Sarah / le 28 septembre 2020

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